De retour de vacances et déjà démotivé? Et si c’était plus que le blues de l’été?

Il y a quelque chose de particulier dans le retour au travail après les vacances d’été.
Pendant une semaine ou deux, le rythme ralentit. Les courriels deviennent soudainement moins importants. L’agenda n’est plus découpé en blocs de trente minutes. Il y a moins d’échéances qui se disputent notre attention, moins de personnes qui attendent une réponse immédiate et, peut-être surtout, suffisamment d’espace mental pour laisser notre esprit vagabonder.
Et il ne s’en prive pas.
Ce phénomène peut être particulièrement frappant dans l’industrie juridique, où l’intensité est souvent considérée comme faisant simplement partie de la profession. Les avocats et autres professionnels du droit évoluent dans un environnement marqué par des clients exigeants, des échéanciers serrés, des objectifs d’heures facturables, des dossiers complexes et une sollicitation intellectuelle presque constante. Même ceux qui aiment sincèrement leur travail peuvent passer une grande partie de l’année à avancer à un rythme tel qu’ils prennent rarement le temps de se poser une question pourtant très simple :
Suis-je encore heureux dans ce que je fais?
Puis arrive l’été.
Prendre un peu de distance par rapport au travail peut avoir un effet étonnant. Lorsque le bruit s’atténue, certaines réflexions mises de côté pendant des mois trouvent soudainement l’espace nécessaire pour refaire surface. Vous vous surprenez peut-être à penser à votre carrière au bord d’une piscine, en marchant dans les rues d’une ville inconnue ou autour d’un long souper entre amis. Non pas parce que vous aviez prévu de faire un bilan professionnel pendant vos vacances, mais simplement parce que, pour une fois, votre cerveau a suffisamment d’espace pour penser au-delà de la prochaine échéance.
Puis vient le retour.
Le lundi matin arrive. La boîte de réception se remplit. Les réunions reprennent. Les dossiers qui semblaient merveilleusement lointains quelques jours auparavant vous attendent sagement.
Et la motivation, elle, n’est tout simplement pas au rendez-vous.
Est-ce simplement le blues du retour de vacances?
Peut-être.
Retrouver sa routine après de belles vacances est rarement exaltant. La plupart d’entre nous préféreraient prolonger les matins sur la terrasse plutôt que de retrouver une réunion à 8 h 30. Quelques jours de résistance au retour à la routine professionnelle sont parfaitement normaux.
Mais parfois, ce sentiment persiste.
La véritable question n’est pas de savoir si vous préféreriez être encore en vacances. Évidemment que oui.
La question la plus intéressante est plutôt de savoir si le retour à cet emploi, cet environnement ou cette trajectoire professionnelle en particulier vous semble soudainement plus lourd qu’avant votre départ.
Peut-être avez-vous réalisé à quel point vous étiez fatigué. Peut-être que la culture de votre organisation ne vous correspond plus. Vous avez peut-être cessé d’apprendre, ou le travail qui vous stimulait autrefois vous paraît maintenant répétitif. Vous appréciez peut-être vos collègues, mais moins les attentes qui accompagnent votre rôle. Vous vous questionnez peut-être sur votre rémunération, vos possibilités d’avancement, la flexibilité dont vous disposez, le leadership ou encore le type de clients et de dossiers qui occupent l’essentiel de votre temps.
Parfois, rien ne va réellement mal.
Et c’est justement ce qui peut rendre ce sentiment plus difficile à comprendre.
Une carrière n’a pas besoin de devenir insupportable avant que l’on puisse se demander si elle nous convient encore.
Les vacances nous offrent quelque chose que le milieu juridique nous accorde rarement : du recul
La distance a cette capacité de changer notre perspective.
Lorsque nous sommes plongés dans notre quotidien, nous finissons par normaliser beaucoup de choses. Les soirées qui s’étirent deviennent normales. La pression devient normale. Les frustrations deviennent normales. Même l’insatisfaction peut finir par se fondre dans le bruit ambiant.
Prendre une pause vient interrompre ce mécanisme.
Cela nous permet de comparer la façon dont nous nous sentons lorsque le travail occupe une grande partie de notre espace mental avec celle dont nous nous sentons lorsqu’il n’en occupe presque plus. Ce contraste peut parfois révéler des choses difficiles à percevoir lorsque nous étions encore en plein cœur de la routine.
Cela ne signifie pas nécessairement qu’il faut démissionner.
Cela signifie peut-être simplement que certaines questions méritent d’être explorées.
Et explorer est très différent de prendre une décision.
C’est ici qu’une conversation avec un recruteur juridique peut être utile
Une idée encore très répandue veut que l’on communique avec un recruteur uniquement lorsqu’on a décidé de changer d’emploi.
En réalité, l’un des meilleurs moments pour parler à un recruteur juridique est justement avant d’avoir pris cette décision.
Un bon recruteur peut offrir quelque chose qu’il est étonnamment difficile d’obtenir lorsqu’on évolue à l’intérieur d’une organisation : une perspective beaucoup plus large du marché.
La plupart des professionnels connaissent extrêmement bien leur propre milieu de travail. Ils savent aussi ce que vivent quelques anciens collègues, amis ou connaissances ailleurs. Mais cela demeure un échantillon relativement restreint du marché juridique.
Un recruteur juridique bénéficie d’un tout autre point de vue.
Au cours d’une même semaine, nous pouvons échanger avec des avocats, des parajuristes, des professionnels du droit, des avocats juniors et associés, des dirigeants et des employeurs provenant de nombreuses organisations. Nous entendons les raisons qui poussent certains à envisager un départ. Nous entendons aussi pourquoi d’autres n’envisageraient jamais de quitter leur organisation. Nous observons quels milieux attirent les talents, lesquels réussissent à les retenir et lesquels semblent, au contraire, perdre régulièrement de bons professionnels.
Avec le temps, des tendances se dessinent.
Nous entendons parler de rémunération, de charge de travail, de styles de gestion, de flexibilité, de possibilités d’avancement, de dynamique d’équipe, d’attentes en matière de développement des affaires et de cultures organisationnelles partout sur le marché. Nous savons vers quelles organisations les candidats se tournent avec enthousiasme et, tout aussi important, celles qui suscitent davantage d’hésitation.
Cela ne veut évidemment pas dire que les recruteurs possèdent un classement secret des milieux où les professionnels du droit sont les plus heureux.
Les individus sont beaucoup trop différents pour cela.
Un environnement qui convient parfaitement à une personne peut être complètement incompatible avec une autre.
Mais un recruteur profondément connecté au marché développe, au fil des conversations, une compréhension particulièrement large de ce qui s’y passe.
Et cette information peut vous aider à mettre votre propre situation en perspective.
Vous n’avez pas besoin d’être à la recherche d’un emploi pour avoir cette conversation
L’un des résultats les plus utiles d’une discussion avec un recruteur pourrait être de découvrir que, finalement, votre situation actuelle est plutôt enviable.
Après avoir comparé votre rémunération, vos responsabilités, votre flexibilité et vos possibilités d’avancement avec ce qui existe sur le marché, vous pourriez réaliser que votre poste actuel demeure un excellent choix. Votre manque de motivation était peut-être réellement temporaire.
C’est une information précieuse.
Ou encore, la conversation pourrait confirmer quelque chose que vous soupçonniez depuis un certain temps.
Peut-être existe-t-il des environnements où l’on pourrait vous confier davantage de responsabilités. Votre rémunération a peut-être pris du retard par rapport au marché. Une autre organisation pourrait vous offrir une trajectoire plus claire vers l’association, des dossiers plus sophistiqués, davantage de flexibilité, un meilleur mentorat ou simplement une culture qui correspond mieux au professionnel que vous êtes devenu.
Vous n’avez pas à postuler où que ce soit.
Vous n’avez pas à mettre votre CV à jour le jour même.
Et vous n’avez certainement pas à démissionner.
Parfois, la première étape consiste simplement à comprendre ce qui existe ailleurs.
Le marché paraît très différent lorsqu’on le regarde de l’extérieur
Les professionnels du droit sont souvent surpris de constater à quel point le marché a évolué pendant qu’ils étaient occupés à bâtir leur carrière.
Les rémunérations évoluent. Les attentes changent. De nouveaux cabinets prennent de l’expansion. Les équipes juridiques internes se développent. Certains domaines de pratique gagnent en valeur. Les employeurs repensent la flexibilité et le travail hybride. Certaines organisations développent également une réputation auprès des talents qui peut être très différente de celle qu’elles possèdent auprès de leurs clients.
À moins de suivre activement ces mouvements, il est difficile de savoir exactement où l’on se situe.
Les recruteurs, eux, les suivent. Cela fait partie de notre travail.
Nous sommes en conversation avec le marché tous les jours.
Cela nous permet d’expliquer à un professionnel, de façon confidentielle et sans obligation, comment son expérience se positionne sur le marché, quelles organisations pourraient valoriser son parcours et quelles possibilités pourraient réellement s’offrir à lui s’il décidait un jour d’explorer.
Parfois, cette conversation mène à un changement de carrière.
Parfois, elle ne mène nulle part.
Et parfois, elle permet simplement de retourner à son emploi actuel avec une appréciation renouvelée de ce que l’on possède déjà.
Ces trois résultats peuvent être parfaitement valables.
Alors, est-ce vraiment le blues de l’été?
Accordez-vous un peu de temps.
Traversez les premiers matins. Retrouvez vos collègues. Rouvrez les dossiers. Laissez le rythme revenir.
Mais si, quelques semaines plus tard, vous regardez toujours votre agenda en vous demandant pourquoi une carrière qui vous stimulait autrefois vous semble maintenant particulièrement lourde, ne balayez pas ce sentiment trop rapidement.
Vous n’avez pas besoin d’avoir immédiatement la réponse.
Vous avez peut-être simplement besoin d’un peu de perspective.
Et parfois, une conversation confidentielle avec quelqu’un qui passe ses journées à écouter et à observer le marché juridique suffit pour vous aider à déterminer si vos vacances vous manquent simplement…
ou si vous êtes prêt pour quelque chose de nouveau.
